Haïti

Rapport de mission en Haïti – 26 février au 6 mars 2018

Publié le 12 mars 2018

IBESR

Grâce à M. MESSINEO, Volontaire international en charge de l’adoption à l’ambassade de France de Port-au-Prince, un rdv avec Mme VILLEDROUIN, Directrice générale de l’IBESR a été organisé pour la représentante de CVE et moi-même. M. MESSINEO nous accompagnait.  Mme VILLEDROUIN venait de recevoir la presse concernant les différents scandales qui affectent actuellement le pays (Oxfam, etc). Madame la Directrice générale s’est montrée ouverte et coopérative.  Bien que les délais de traitement des dossiers soient bien longs et les apparentements peu nombreux, je n’ai émis aucun reproche envers l’IBESR – cela pouvant être totalement contreproductif –  mais  ai fait remarquer que nous avions 35 dossiers déposés à l’IBESR dont  3 seulement sont apparentés et ce dans 3 crèches différentes. Mme VILLEDROUIN a semblé surprise par ce peu d’apparentements. Elle a fait appeler le juriste de l’IBESR afin que des dossiers CVE de 2015 soient proposés rapidement lors d’une prochaine réunion du collège d’apparentements. On peut s’interroger sur la méconnaissance par l’IBESR de notre liste d’attente voire des listes d’attente de tous les OAA. Le système informatique de l’IBESR répertoriant  les enfants adoptables et les familles candidates à l’adoption est-il opérationnel ?

De plus,il semble que l’IBESR ait beaucoup de peine à respecter les délais de délivrance des autorisation d’adoption post séjour de 2 semaines en Haïti des candidats. Les délais actuels sont de 2 ou 3 mois environ alors que Mme VILLEDROUIN rappelle qu’ils devraient être de 15 jours.

Il parait que des employés de l’IBESR ne sont pas payés depuis plusieurs mois. Ces retards de paiement expliquent peut-être les retards de traitement des dossiers d’adoption.

Consulat de France 

La représentante cve et moi-même avons pu échanger librement avec M. le Consul ; ce dernier nous a assuré de son soutien en cas de difficulté. Par ailleurs, il propose plus de souplesse lors du dépôt des demandes de vlsas. Ainsi un dossier peut être déposé au Consulat à tout moment et pas seulement le mercredi.

Crèches

La crèche « Hands Together to Defend Children » a été visitée. La première visite a eu lieu dans la structure assez petite que l’équipe s’apprêtait à quitter en vue de s’installer dans un lieu plus vaste. Après le déménagement la nouvelle structure a été visitée. Elle accueille environ 25 enfants de 0 à 8 ans en situation d’abandon. La maison et la cour sont plus vastes, les chambres d’enfants plus nombreuses, propres et correctement équipées. Une école primaire, accueillant des enfants du voisinage comme possiblement des enfants dont le projet de vie est l’adoption internationale, est déjà opérationnelle et se situe au sein de la structure. Des travaux sont encore en cours. Le Directeur qui est avocat est un homme jeune et apparemment dynamique. Cependant, ne connaissant pas cette maison d’enfants il est impossible à ce stade de présager ni de la qualité finale des dossiers présentés au Consulat de France par cette structure ni de la qualité des soins apportés aux enfants. Seule l’expérience nous apportera des réponses. CVE a un seul enfant apparenté il y a peu au sein de « Hands Together to Defend Children ».

La crèche « Soutien aux enfants en difficulté » a été visitée. CVE a un enfant apparenté au sein de cette structure. La crèche accueille une vingtaine d’enfants de 0 à 10 ans. Les locaux sont corrects. Comme pour la structure précédente l’apparentement étant très récent, il ne nous est pas possible de connaître la qualité de cette crèche. Une famille française adoptant une fillette de 10 ans et en cours de période de socialisation ( 2 semaines) a été rencontrée. Le couple semblait ravi de son expérience au sein de cette crèche.

MESSINEO a organisé la visite de la crèche « Bons Bergers de Fatima » bien que CVE n’ait pas d’enfants apparentés au sein de cette structure. La crèche semble simple mais correcte. La Directrice étant absente, il ne nous a pas été permis de comprendre clairement la dissociation au sein de cette vaste structure entre l’orphelinat, l’école et une ONG.

Enfin, j’ai pu passer du temps au sein de la maison d’enfants « Au bonheur des enfants »(AUBE)  que je connais bien puisque CVE avait un contrat de partenariat unique avec cette crèche avant l’application stricte de la CLH par l’IBESR. La crèche n’accueille plus qu’une vingtaine d’enfants dont un seul bébé bien que la capacité maximale soit de 70. Les délais d’attente des enfants au sein de la structure sont manifestement extrêmement longs. En effet, certains enfants sont connus de CVE depuis 4 ans. Pour mémoire, tant qu’un enfant n’est pas apparenté il est à l’entière charge de la crèche ; ce qui ne manque pas de générer une situation financière souvent précaire. Beaucoup d’enfants sont apparentés à des familles américaines. Selon AUBE cela est dû au fait que les adoptants américains acceptent des enfants grands et/ou avec des problématiques médicales. Les enfants actuellement à la crèche aussi apparentés à des familles françaises, italiennes, belges, allemandes ou suisses.

La crèche regrette le temps d’un partenariat unique avec notre OAA au motif que les adoptions sont à présent moins incarnées, plus anonymes du fait du nombre importants d’OAA et de nationalités différentes.

CVE regrette aussi son partenariat avec AUBE qui apportait une garantie d’excellence tant au niveau du traitement des dossiers qu’au niveau de la prise en charge physique et psychologique des enfants.

NB1 : tout comme les derniers adoptants cve partis en Haïti, le vol Air France retour a été annulé la veille du départ. Il convient de chercher soi-même un vol retour car Air France n’a pas pris la peine de me recontacter pour trouver un nouvel vol. Bref des jours supplémentaires en Haïti à la clé.

NB2 : un diaporama de la mission a été réalisé et sera bientôt en ligne sur notre intranet.

Bien à vous.

Sandrine Métivier

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